11.07.2018 | Lesley Kiernan

L’industrie de la construction se numérise, et les changements arrivent rapidement. Nous allons regarder un peu plus en détail les 6 domaines clés qui vont énormément impacter l’industrie au cours des prochaines années. Depuis quelques années déjà, ce secteur assez conservateur a commencé à mettre en place de nombreux changements. Des nouvelles technologies sont disponibles, ce qui aide les processus de l’industrie de construction à devenir de plus en plus facile à gérer.

Cet été, MagiCAD vous présente les 6 domaines qui auront le plus d’impact.

1. Réalité virtuelle, augmentée, et mixte

Mettre des lunettes et voir ce que donne votre bâtiment, et ce, même avant sa construction. L’utilisation de la réalité virtuelle devient de plus en plus habituelle. Prenons comme exemple le gratte-ciel Karlatornet en Suède. La Suède est à la pointe de la réalité virtuelle. Markus WASER, formateur de la technologie de la construction à Yrgo en Suède explique que “la réalité virtuelle améliore la compréhension du bâtiment pour chaque intéressé du projet : les ouvriers comme les habitants. Cette technologie va se diversifier et la fonctionnalité fera partie des technologies sur nos portables. A la place d’utiliser des lunettes, tout ce qu’il faudra faire c’est sortir son portable de sa poche. Ça veut dire que cette technologie sera accessible par la plupart du monde”.

Parmi les lecteurs de cette article, les fans du Pokémon GO vont reconnaître à quel point la réalité augmentée peut améliorer le monde autour de nous en ajoutant des informations numériques. Cette technologie nous permet aussi de voir des installations potentielles dans des bâtiments qui sont déjà construits, par exemple, comment ce tuyau pourrait passer dans ce mur…

Quand on mélange les réalités virtuelles et augmentées, on a la réalité mixte. Cela veut dire que l’objet en question est tellement bien fait, qu’il semble faire partie de la réalité, tel un hologramme. Avec une telle technologie, les propriétaires peuvent se rendre sur site, mettre leurs lunettes de RM et voir leur prochain bâtiment se réaliser devant leurs yeux. Ils peuvent voir ce que ça donnerait s’ils faisaient ; tel ou tel changement. Ils peuvent zoomer sur les détails. Ils peuvent même rentrer dans le bâtiment et le vivre avant que le bâtiment ne soit créer – voir à travers les fenêtres, ou bouger les murs pour voir ce que ça changerait à l’intérieur. Cette technologie sera alors aussi importante pour les installateurs.

2. Les maquettes numériques deviennent des documentations juridiques

Le BIM fait partie de nos vies depuis un moment, et la prochaine étape sera l’utilisation de nos maquettes comme documentations juridiques. Sölve HARR est chargé BIM chez Sweco, et il croit que le BIM mérite d’être considéré comme les PDFs le sont pour le monde 2D. “Les plans sur papier sont standardises. Maintenant il faudrait standardiser le BIM de la même façon, pour qu’il soit possible de les classifier comme des documentations juridiques”.

Pour le développement de Slussen à Stockholm, le client demandait une maquette 3D comme documentation juridique. “Le problème, c’est que d’habitude on utilise ce style de maquette pour les grands projets, alors que c’est plus facile de l’utiliser pour les petits projets” explique HARR.

Jonathan ERIKSSON, PDG de BST Teknik AB Suède, partage les mêmes sentiments. Il explique pourquoi il faut que tout soit parfait dès le début. “C’est franchement super qu’on ait la possibilité de calculer par exemple la longueur des tuyaux dès le début et que cela ne prend que quelques secondes. Sur papier, j’en aurai pour des semaines. Par contre, il faut que l’on puisse être certains que tout ce qui se passe dans la maquette reflète la réalité. Chez BST Teknik nous faisons des réseaux de système de protection incendies. Nous n’avons que quelques parties dans nos dessins, peut-être 30 ou 40, donc c’est facile à gérer même pour les grands projets. Mais pour d’autres corps d’état, ce serait plus compliqué d’assumer toute la responsabilité du projet. J’espère que l’expérience avec Slussen et que la documentation juridique comme maquette, soit positive, pour que nous puissions continuer comme ça à l’avenir”.

3. Des maquettes facilement accessibles via des technologies cloud

Le cloud facilite les projets de construction. Avant, lorsqu’on envoyait des maquettes les uns aux autres, une fois par semaine, on se rendait souvent compte que des changements dans la maquette, effectuée par une personne, ne correspondaient pas au travail effectué par une autre personne. Maintenant tout le monde peut travailler sur une même maquette en temps réelle. Tout le monde a un accès aux mêmes informations et peut être sûr que ces informations sont les bonnes. Mr. HARR est convaincu que tout le monde va bientôt travailler ainsi. “Grâce à la numérisation on peut utiliser nos portables afin de savoir combien de tuyaux il y a dans un projet. Toutes les parties concernées ont accès à toutes les informations. L’utilisation du BIM devient de plus en plus intéressante” nous raconte HARR.

4. Les robots vont travailler sur site lors des périodes de repos

Cela deviendra de plus en plus courant de voir des robots sur site. En ce moment, il n’y a que très peu des robots dans le secteur de la construction, et la plupart d’entre eux “travaillent” dans la production des pièces préfabriquées. Tout de même, quelques entreprises travaillent sur le développement de robots pour l’industrie de la construction. Par exemple, Build-R fabrique un robot pour l’installation des plaques de plâtre. Ce robot se mettra à travailler lors des périodes de repos et pourra installer une plaque de plâtre en trois minutes. Il aura une caméra ainsi que des capteurs pour mesurer les angles et les distances. Build-R compte tester ce robot dans des bâtiments NCC et attendent la sortie de ce robot au courant de l’année 2019.

Il y a aussi une entreprise, Cbot, qui développe un robot pour l’emplacement des dalles. Il utilise des caméras, lasers, lumières et des algorithmes pour correctement positionner les dalles. Il y a aussi des robots qui produisent des cages de renforcement sur site, et en Suisse on teste un robot qui peut placer des fondations par des tiges en acier. ERIKSSON trouve cela fascinant. “Il y a beaucoup de travail monotone dans la construction, qui peut aussi entrainer des troubles musculo-squelettiques. C’est mieux de laisser ce travail aux robots, et d’utiliser les humains pour les programmer. Même si un robot remplacerait un humain, on aura toujours besoin de l’humain. Chaque aspect de Notre monde tends à l’automatisation”.

5. L’utilisation des imprimantes 3D pour la construction des bâtiments

Partout dans le monde, on commence à faire des bâtiments avec des imprimantes 3D. Des chercheurs en Californie ont réussi à imprimer et construire une maison en 24 heures. En Chine, ils arrivent à en faire 10 dans la journée. On utilise des matériaux de construction recyclés et du ciment, ce qui fait gagner aux chinois 50% des coûts de construction. En Europe aussi, les tests sont en cours. A Copenhague, on utilise une impriment 3D pour construire un petit bureau, et aux Pays Bas on construit une maison en plastique sur site. A l’Université D’Umeå en Suède, une équipe a trouvé une technique pour faire des imprimées en cellulose, afin de fabriquer des portes, des murs, ou même une maison entière. Les avantages des imprimantes 3D ; sont les réductions des déchets, et plus de recyclage. Il offre aussi plus de libertés pour l’architecte, car l’imprimante peut faire des courbes plus facilement que l’humain.

6. La construction durable

La tendance de durabilité énergétique est marquante, et s’applique aussi maintenant à la construction. A partir de janvier 2021 une Directive Européenne de Performance Energétique des Bâtiments sera mise en place. Tout bâtiment en construction à partir de cette date doit prouver son efficacité énergétique. Il y a de nombreux certificats pour la construction durable, tels que BREEAM, LEED, GreenBuilding… La numérisation peut nous aider à faciliter la construction durable.

Par exemple, l’Institut Suédoise pour la Recherche sur L’Environnent, vient de sortir un outil de calcul BM 1.0 pour la production des analyses sur la cycle de vie de la construction. L’outil calcul l’impact des bâtiments sur l’environnement et détermine comment les entreprises pourraient réduire leurs émissions, en adaptant leurs choix de matériaux ou les méthodes de production. D’ici peu, toute l’industrie de construction fonctionnera ainsi. Bientôt, on pourra même voir sur les étiquettes des matériaux de construction, quels sont leurs impacts sur l’environnement.